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  • : La Taverne des Trois Petits Trolls
  • : Ressources documentaires pour amateurs de littérature Fantasy et écrivains en devenir...
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Bien le bonjour !

Pourquoi ce blog me direz-vous ? Et bien il fait suite à toute une série de recherches que j'ai entreprise dans le cadre de la rédaction d'un manuscrit. Oui oui un manuscrit que je suis en train d'écrire... manuscrit ayant pour objet la littérature Fantasy (comme vous devez vous en douter)... J'ai commencé à l'écrire il y a bien longtemps déjà... et je ne doute pas que j'achèverai ce travail dans bien longtemps également... caressant secrétement le doux rêve de me faire, un jour, publier.

Vous trouverez ici des documents et des informations glânés ça et là au gré de mes errances sur le net. En espérant que vous puissiez y apprendre des choses intéressantes...

N'hésitez pas à signaler votre passage par un petit commentaire, et si vous êtes vous aussi des auteurs en devenir alors je serai enchanté d'échanger avec vous !

Je vous souhaite à présent une agréable visite... !

Eussé

2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 17:01
Avant toute chose il n’est pas inutile de rappeler les origines du personnage de l’ogre. En fait celles-ci seraient très lointaines et remonteraient jusqu’à l’Antiquité. En effet, il est couramment admis que le personnage de l’ogre est hérité en droite ligne de la mythologie grecque. Il s’agit d’un des mythes fondateurs : il avait été prédit à Chronos, dieu des dieux, qu’un de ses fils lui ravirait le trône et règnerait sur l’Olympe à sa place. Afin de prévenir sa chute, Chronos dévora ses enfants nouvellement nés. Cependant, Zeus parvint à échapper à la gloutonnerie de son père grâce à un subterfuge de sa mère qui lui substitua une pierre qu’elle donna à manger au dieu vorace. Chacun connaît la fin de la légende : Zeus, élevé par une chèvre sur une île lointaine revint renverser son père et devint le maître de l’Olympe.

L’ogre a un physique particulier.
Quand on parle d’ogre, l’image qui surgit d’emblée à l’esprit est celle d’un homme grand, fort et parfois bedonnant, pourvu de puissantes mâchoires agrémentées de deux rangs de dents nombreuses et acérées. Il est pourtant surprenant de constater que rien de tel n’est écrit dans les contes traditionnels avec lesquels le personnage de l’ogre est constamment associé. Rien n’indique que l’ogre possède une taille hors du commun et même au contraire certains détails laissent à penser que le gigantisme de l’ogre appartient à l’imaginaire populaire. 

A l’inverse les ouvrages modernes se montrent, eux, moins silencieux. L’association de l’ogre avec une image de géant est clairement effective. On distingue même les méchants ogres des bons gros géants (ces derniers possédant des dents carrées puisqu’ils ne mangent pas de chair humaine).

Si les descriptions physiques d’ogres ne sont pas pléthore dans la littérature traditionnelle, cette dernière fournit en revanche quelques indications quant à leurs traits moraux. Force est de constater qu’il s’agit bien plus souvent de vices que de vertus, ce qui pose une fois encore la différence entre les contes classiques et les contes modernes qui n’hésitent pas à montrer ces personnages sous un jour plus favorable.

Le mets favori des ogres demeure bien évidemment les enfants, de préférence les plus petits à la chair tendre, qu’ils soient de souche royale ou non. De même, l’ironie est parfois poussée jusqu’à choisir un accommodement pour le repas de chair humaine. Cependant, la gloutonnerie de l’ogre connaît des limites, les repas peuvent être différés en raison d’un engraissement ou par manque de nourriture. 

L’habitat de l’ogre varie peu, il s’agit très souvent d’un château ou d’une cabane au fond des bois. De temps en temps, l’habitat se situe sous terre. Dans ce cas, l’entrée est cachée et se fait généralement par le truchement d’un engloutissement  de l’ogre, et du même coup sa victime, ce qui donne un caractère chtonien au personnage. Quand elle est visible, la maison de l’ogre apparaît comme un refuge. Elle acquiert un aspect tutélaire pour les personnages qui vont s’y rendre car ceux-ci sont dans une situation de détresse plus grande (en plein milieu de la forêt, durant la nuit). Elle est alors considérée comme un point d’ancrage dans un monde inconnu et bien plus inquiétant. Pour la repérer, les personnages sont souvent trompés par un leurre ; une fumée qui s’élève de la cheminée, une lumière qui brille à la fenêtre, un toit et des murs que l’on peut manger pour se rassasier offrent un aspect bienveillant et poussent les malheureuses victimes à y trouver l’hospitalité. Ce n’est qu’une fois à l’intérieur, et dûment renseignés par un des occupants du lieu qu’il soit ogre ou non, que l’endroit révèle son côté menaçant.

Fréquemment, l’ogre incarne le mal, un principe négatif (que l’on peut opposer aux personnages de fées qui sont des protagonistes dispensatrices de dons et qui aident le héros). L’ogre conserve quelque chose de son origine étymologique, le rencontrer est en effet mauvais signe et synonyme quasiment à coup sûr d’une mort affreuse pour le malheureux qui croise son chemin. Le caractère négatif de ce personnage est renforcé par une mise en parallèle des caractéristiques de ses victimes les plus fréquentes et les plus prisées : les enfants. Ces derniers sont par essence des êtres innocents, faibles et désemparés face à la situation dans laquelle ils sont plongés.

L’ogre représente donc une menace de taille pour l’enfant ou tout autre de ses victimes, mais cette menace peut être surmontée puisque, bien que redoutable, l’ogre n’est pas invincible, loin s’en faut. L’enfant le plus faible et le plus chétif soit-il peut toujours trouver en lui la ressource nécessaire pour vaincre cet ennemi, alors que ce dernier n’est pas sûr de l’emporter malgré un armement extérieur et magique (comme les bottes de sept lieues qui ne permettent pas à l’ogre de retrouver Poucet et ses frères). C’est donc la ruse qui l’emporte sur les dispositions physiques de l’ogre. Ce dernier n’est pas présenté comme un personnage particulièrement intelligent, c’est même tout le contraire : un adulte (d’autant plus adulte qu’on lui associe volontiers une grande taille) possédant l’avantage de la situation se laisse avoir par un petit enfant, qui est en situation de détresse qui plus est. De plus, cet enfant est souvent le benjamin d’une famille où il est à peine considéré et où il fait souvent office de souffre-douleur. C’est ainsi pour lui une espèce de promotion sociale : le petit dernier inutile car incapable de rien faire s’élève au statut de sauveur de frères tous plus âgés que lui.

Les ruses employées en elles-mêmes peuvent être différentes : le héros peut jouer sur la vanité de l’ogre et le prendre au piège. C’est ce que fait le Chat botté quand il fait mine de ne pas croire que l’ogre est capable de se transformer en souris. Une fois la transformation opérée, rien de plus facile pour lui que de dévorer le rongeur. Un autre moyen de parvenir à ses fins et de vaincre l’ogre est de feindre l’ignorance.

Si l’ogre entre en relation avec les autres protagonistes, il reste marqué par une image de différence : l’ogre, c’est l’autre. Le mot « ogre » devient d’ailleurs parfois un terme générique, il désigne une espèce de race différente à laquelle des caractéristiques qui n’ont rien de commun avec celles des hommes sont associées. Le Bon Gros Géant, s’il n’est pas exactement un ogre à proprement parler, appartient malgré tout à cette race, sa différence d’avec les humains étant marquée d’une part par une taille qui demeure somme toute honorable et par un discours très fantaisiste où les jeux sur les sonorités, sur les mots, les inversions, les mots tiroirs… sont légion.

Au vu de ce portrait de l’ogre, on ne peut s’empêcher de penser que Tolkien s’est sans doute inspiré de ce personnage pour créer le Troll présent dans ses récits. Un être grand, gros, puissant, peu intelligent et particulièrement méchant. Cependant le Troll lui-même a aujourd’hui évolué et on commence même a voir apparaître des Trolls sympathiques.
 
D’après Adeline Menu (2003)
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Published by Eussé - dans Les Ogres
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