Bien le bonjour !

Pourquoi ce blog me direz-vous ? Et bien il fait suite à toute une série de recherches que j'ai entreprise dans le cadre de la rédaction d'un manuscrit. Oui oui un manuscrit que je suis en train d'écrire... manuscrit ayant pour objet la littérature Fantasy (comme vous devez vous en douter)... J'ai commencé à l'écrire il y a bien longtemps déjà... et je ne doute pas que j'achèverai ce travail dans bien longtemps également... caressant secrétement le doux rêve de me faire, un jour, publier.

Vous trouverez ici des documents et des informations glânés ça et là au gré de mes errances sur le net. En espérant que vous puissiez y apprendre des choses intéressantes...

N'hésitez pas à signaler votre passage par un petit commentaire, et si vous êtes vous aussi des auteurs en devenir alors je serai enchanté d'échanger avec vous !

Je vous souhaite à présent une agréable visite... !

Eussé

Jeudi 2 août 2007

Bien, force est de constater que mon premier chapitre n'a pas suscité beaucoup de réactions... 

Ecrire seul dans son coin ce n'est déjà pas très facile (on se demande si ce qu'on écrit mérite le nom de manuscrit) mais alors quand on le soumet à la critique bloguesque (kejikisme de blog) et que celle ci reste muette.... c'est franchement la déprime !!!... 

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par Eussé publié dans : Manuscrit
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Jeudi 26 juillet 2007

Voici le premier chapitre, dans son intégralité, de mon manuscrit. Quand j'y pense il s'agit bien là d'un projet un peu fou !?... Quoiqu'il en soit maintenant que je me suis lancé il faut bien avancer. Aussi j'avance aussi vite que je peu... lorsque j'ai un peu de temps libre comme ce soir (zzzz...). Bref, voici donc le premier chapitre, ce sera le seul chapitre que je mettrai dans son intégralité. Il n'est pas besoin de préciser que je serai enchanté de lire les commentaires le concernant... ne serait-ce que pour me dire si je dois continuer d'écrire ou bien si il faut tout de suite que j'abandonne la tenue de ce blog pour en créer un autre sur les plantes vertes ou les grenouilles roses à pois verts d'amazonie !?


Chapitre 1
 
 
 
LE SECRET DE CADIRHAN
 
 
 
 
 
Dans le village de Maignelay, au cœur de la Vallée de Narachel, vivait Cadirhan. Toujours souriant et de bonne humeur, Cadirhan était un jeune garçon rondouillard, éternellement débraillé et aux cheveux toujours ébouriffés. Ceux qui le connaissaient le désignaient comme quelqu’un de « bien comme il faut », et ils en attribuaient généralement le bénéfice à l’éducation qu’il avait reçue de ses parents (des gens « bien comme il faut » eux aussi, naturellement). Pour preuve, personne n’avait jamais eu à se plaindre de lui et il demeurait apprécié de la plupart des villageois, pour ne pas dire de tous. Cependant Cadirhan n’était pas un jeune garçon comme les autres, non, en vérité ce n’était pas un jeune garçon du tout. Déjà il entrait dans sa vingtième année, l’année de l’entendement comme l’appelaient les gens du pays. Malheureusement l’entendement, chez Cadirhan, n’était certes pas celui qu’on pouvait en attendre de quelqu’un de son âge. « Il est différent, ainsi en ont voulu les Dieux », se contentait de déclarer le prêtre du village pour toute explication. Et différent il l’était assurément. Il montrait en effet, depuis tout petit, quelques prédispositions pour ce qu’on désignait, avec beaucoup de prévenance, de lenteur d’esprit. D’ailleurs ses parents avaient à ce propos, et depuis bien longtemps, perdu tout espoir d’en faire un notable. De méchantes langues auraient même pu le qualifier d’idiot du village tant il demeurait le plus candide de tous les habitants. Mais fort heureusement il n’y avait pas de méchantes langues à Maignelay et le pire qu’on eut finalement entendu dire de lui était qu’il avait la mémoire d’une carotte, encore que ce fut dit avec beaucoup d’affection.
Sa demeure était située à la sortie du village (ou bien était-ce l’entrée), et avait auparavant appartenu à sa grand-mère. Il s’agissait là d’une demeure positivement petite. D’aucuns l’auraient même trouvé minuscule. Mais aussi minuscule qu’elle fut, elle satisfaisait amplement son propriétaire pour qui une bonne maison se devait avant tout d’avoir un toit solide et un lit douillet. S’il se satisfaisait de peu c’est qu’en fait il passait le plus clair de son temps à l’extérieur, occupé à travailler chez les artisans du village comme le Père Moguette ou encore la famille Pied-de-Bouc, pour ne citer que ceux-là. Les quelques sous qu’il gagnait lui permettaient de subvenir à ses besoins, sans rien devoir à personne. Ainsi vivait Cadirhan dans le petit village de Maignelay. Et le temps aurait pu s’écouler pareillement encore longtemps si le destin n’avait pas croisé, un jour, son chemin.
En fait de jour il serait plus exact de dire une nuit. Une froide nuit de février, alors que le vent hurlait et que la pluie crépitait bruyamment contre les tuiles d’ardoise de sa maison. L’intéressé avait soupé en prenant un potage accompagné d’un morceau de pain, puis était allé mettre quelques bûches dans sa petite cheminée tandis que les volets et la porte de sa demeure tremblaient sous les violentes bourrasques. Après avoir alimenté le foyer, il était monté à la mansarde puis s’était déshabillé pour se blottir, au chaud, sous sa couette, se réjouissant secrètement de ne pas avoir à dormir dehors par un temps pareil. Et alors que les éléments se déchaînaient, il avait fermé les yeux jusqu’à ce que la fatigue finisse par avoir raison de lui.
Ce ne fut que plus tard, bien après qu’il se soit endormi, et alors que l’orage grondait toujours, qu’il fut soudainement extirpé de son sommeil. Il ouvrit les yeux, à demi réveillé, et s’aperçut que toute la pièce était baignée de lumière. Une lumière remplie de couleurs chatoyantes, une lumière vive et intense mais qui n’éblouissait pas. Il se redressa vivement, se frotta les yeux et observa tout autour de lui. D’abord il ne distingua rien, puis il aperçut quelque chose, quelque chose qu’il ne reconnut pas immédiatement. Une forme lumineuse dont les contours se fondaient dans l’intense clarté. La forme grossit peu à peu et il finit par deviner qu’il s’agissait d’un oiseau, un oiseau nimbé de flammes. Il volait dans sa direction, comme on aurait pu dire. Et plus il se rapprochait plus la vision se fit claire. Il observa l’animal, fasciné par tant de beauté et tant de grâce. L’oiseau se rapprocha encore jusqu’à venir se poser juste devant lui. Il écarta alors majestueusement ses ailes de feu. Cadirhan pouvait sentir la chaleur des flammes à présent. C’était une chaleur douce et agréable. Etrangement ce feu intense ne brûlait pas.
En présence de cet oiseau mystérieux, Cadirhan s’aperçu qu’il n’avait pas peur, il se sentait étrangement bien. Il voulut alors parler mais se rendit soudainement compte qu’aucun son ne sortait plus de sa bouche. Cela l’amusa et il s’esclaffa. Mais aucun son ne se fit d’avantage entendre. Puis, sans qu’il s’y attende, son rire raisonna dans son esprit, tel un écho lointain. Il resta interloqué, surpris et déstabilisé par tant d’étrangeté. Devant sa réaction l’oiseau rit en retour, bien qu’il demeura aphone lui aussi. Son rire se propagea dans l’esprit de Cadirhan qui en fut émerveillé. Il observa, admiratif, l’oiseau encore quelques instants, espérant l’entendre à nouveau, mais celui-ci resta muet. « Comme tu es beau », finit-il par penser, et ces mots se mirent comme par magie à raisonner, à rebondir dans l’esprit de chacun. « Comment t’appelles-tu ? D’où viens-tu ? As-tu faim ? ». Et mille autres questions se bousculèrent en même temps dans la tête du jeune garçon. Mais l’oiseau ne répondit pas, se contentant d’écouter et d’observer. « As-tu soif ? Es-tu perdu ? » insista Cadhiran. Mais l’oiseau ne répondit toujours pas. Cadirhan en parût d’autant attristé. Ce fut, en fait, lorsqu’il n’espérait plus l’entendre à nouveau que l’oiseau s’approcha et lui parla. Il lui parla l’espace d’un instant, un instant dont il ne sut dire s’il fut court ou long tellement le temps semblait être suspendu. Ses paroles furent comme une agréable mélodie dans son esprit qui fut comme envoûté par ce son si enchanteur. Il écouta attentivement et personne d’autre que lui n’entendit ce qu’il fut dit cette nuit là.
Après qu’il eut terminé de parler, l’oiseau écarta ses ailes à nouveau et s’inclina comme pour saluer son interlocuteur. Alors qu’il se redressait, les flammes semblèrent redoubler, et il se consuma brusquement tandis que ses cendres retombèrent en une pluie d’étoiles étincelantes. L’intense clarté disparut dès lors instantanément, laissant place à la noirceur de la pièce qu’éclairaient faiblement les quelques braises rougeoyantes du foyer de la cheminée. Cadirhan se frotta les yeux, comme s’il venait de se réveiller. Il se demanda d’abord ce qu’il faisait ainsi assis sur sa couche. Et alors qu’il essayait de trouver une explication satisfaisante, son regard fut attiré par un objet posé sur le sol, là, juste devant lui. Il s’approcha lentement, intrigué et méfiant. Il s’agissait d’un cube en bois. « Comment est-il donc arrivé jusqu’ici ? », se demanda-t-il. Sans quitter l’objet des yeux il s’approcha plus près encore, et c’est alors que le cube se mit soudainement à briller. Il brillait de mille feux, comme s’il n’avait plus été fait que de lumière. Puis, peu à peu, l’éclat se fit moins vif, laissant apparaître des runes dessinées sur ses faces. Elles scintillaient comme si elles avaient été faites d’or et qu’elles fussent éclairées par le feu. Poussé par l’excitation et la curiosité, il s’approcha plus près encore jusqu’à se saisir de l’objet. Au contact de sa main, les runes s’éteignirent et tout lui revint à l’esprit. Il se rappela de l’oiseau, il se rappela de ce qu’il lui avait dit, il se rappela d’un nom, Dravessar.
 
Le lendemain matin, le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Rodegon Pied-de-Bouc alla rendre visite à Aldunan Moguette. Il était particulièrement furieux. Cadirhan n’avait toujours pas montré le bout de son nez et il ne doutait pas un instant que le vieux Moguette l’avait gardé plus longtemps que de coutume. Le gredin devait certainement être occupé à radoter sur de vieilles histoires comme il avait l’habitude de le faire. Tout bavard qu’il était, il ne pouvait s’empêcher de parler de tout et de n’importe quoi, de telle sorte que Cadirhan se retrouvait tous les matins en retard. Or il s’avéra qu’il s’agissait précisément là du matin de trop pour Rodegon Pied-de-Bouc. Aussi traversa-t-il le village d’un pas rapide et déterminé pour aller secouer les puces de ce « vieux fou de tanneur», comme il aimait à l’appeler.
Cependant, lorsqu’il pénétra dans la maison de celui-ci, il demeura fort étonné de ne trouver personne. Ni de Moguette, et encore moins de Cadirhan. Tout au plus découvrit-il la bouilloire en train de siffloter gaiement. Il se gratta la tête et fronça les sourcils, se demandant ce que cela pouvait bien cacher. C’est alors que le Père Moguette, une miche de pain sous le bras, se présenta dans l’encadrement de la porte. Il observa Pied-de-Bouc d’un œil méfiant et étonné.
- Quel mauvais vent t’amène donc jusqu’à chez moi ? Railla-t-il.
            Le fermier, surpris, sursauta et se retourna.
- Ha te voilà enfin ! Laisse donc le vent où il est et dis moi plutôt ce que tu as fait de Cadirhan.
- Cadirhan ? Je ne l’ai point vu ! Il n’est pas venu travailler ce matin !
- Tu ne l’as point vu ? S’étonna Pied-de-Bouc à demi convaincu. Que me racontes-tu donc là ?
- Puisque je te dis que je ne l’ai point vu ! Crois tu que je l’aurais caché au fonds de ma poche ?
            Le fermier fit une moue perplexe.
- Gare à toi si tu me fais tourner en bourrique !
- Ha la peste soit des ronchons ! Grogna le vieux Moguette. Crois-tu que je n’ai que ça à faire que de te faire tourner en bourrique ? Ouvre donc tes oreilles et écoute bien ce que je vais te dire. Lorsque je n’ai pas vu arriver Cadirhan ce matin j’ai pensé qu’il se sera sans doute oublié et qu’il aura préféré s’en aller directement chez toi. Peut-être ai-je alors été irréfléchi, je veux bien te l’accorder, car voilà que tu me dis maintenant qu’il n’est point venu te voir non plus. Et bien je te dis, moi, que ce n’est pas dans ses habitudes, ha ça non, et j’espère qu’il n’est pas malade ou pis encore. Je m’en vais donc me rendre chez lui pour voir ce qu’il en est et tu ferais bien de m’accompagner.
Pied-de-Bouc bougonna un instant puis se rangea finalement à l’avis du vieux Moguette. Ils partirent donc, tous deux, en direction de la maison du jeune garçon.
            Arrivés devant la petite bâtisse, ils s’empressèrent de frapper à la porte. Personne ne leur ouvrit. Ils frappèrent plus fort encore mais la porte demeura désespérément fermée. Les volets étaient clos, la cheminée ne fumait pas, aucun bruit ne se faisait entendre. Le Père Moguette et Pied-de-Bouc échangèrent un regard anxieux.
            En fin de matinée tout le village était sans dessus dessous, et tous les habitants étaient occupés à chercher Cadirhan. Personne ne l’avait aperçu depuis la veille au soir et tout le monde en était à présent pleinement inquiet. A midi quelqu’un lança l’idée d’aller forcer la porte de sa maison. Chacun se demanda alors pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt. Sans plus attendre tout le monde se rendit jusqu’à sa demeure et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la porte fut enfoncée. Ses parents, le bourgmestre, le Père Moguette ainsi que Pied-de-Bouc entrèrent dans la petite maison mais n’y trouvèrent finalement personne. Une partie du village en fut soulagée, redoutant de trouver Cadirhan inanimé, mais l’autre partie s’en inquiéta d’autant plus, se demandant ce qui avait bien pu lui advenir. Tout au plus quelqu’un fit remarquer que ses chaussures et son par-dessus étaient manquants, de même que son sac. 
Certains avancèrent l’idée que le jeune garçon avait pu partir en voyage. Partir en voyage ! Chacun savait pourtant que Cadirhan n’avait jamais quitté le village, alors l’imaginer partir en voyage était bien là une idée que d’aucuns jugèrent des plus saugrenues. Aussi les villageois décidèrent-ils de fouiller activement le village et ses environs, ne doutant pas qu’il serait retrouvé avant la fin de la journée. Des battues furent ainsi organisées dans la forêt, les maisons et les granges furent fouillées, de même que les quelques puits existants. Mais lorsque le soir arriva, même les plus optimistes sur l’issue de cette étrange disparition en vinrent à imaginer le pire. Car de Cadirhan, personne n’avait retrouvé trace. Un conseil de village fut alors hâtivement organisé, et chacun alla de son explication et de sa conjecture sur ce qui aurait pu lui arriver. Ses parents étaient en larmes, tandis que le Père Moguette apparut fort affecté, de même que les familles Pied-de-Bouc et Grandes-Oreilles. Mais bien qu’on essaya de se rassurer parmi l’assistance en arguant qu’il n’était sûrement rien arrivé de bien grave, personne ne fut dupe.
            Les jours qui suivirent n’apportèrent aucun indice ni explication pertinente. Les semaines passèrent, puis les mois. Cadirhan demeura introuvable.

par Eussé publié dans : Manuscrit
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Vendredi 29 juin 2007
Le Heurchon... Quelle drole de petite créature me direz vous ! En effet le Heurchon est le résultat d'un croisement entre un Lutin et un hérisson (il fallait déjà ne douter de rien...). De l'hérisson il a gardé la morphologie, et naturellement ses piquants, du Lutin il a pris le côté facétieux et la facculté de parler. Si vous chercher à rencontrer un Heurchon, point n'est besoin de trop vous égarer... sachez seulement qu'il se promène dans les forêts bourguignonnes ! Après un séjour de quelques années dans cette jolie région je n'ai pu m'empêcher d'en emporter un lors de mon déménagement...


herisson7.gif
par Eussé publié dans : Manuscrit
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Jeudi 28 juin 2007

Le diagramme de Gantt... cela pourrait faire un joli titre de roman Fantasy non ? Vous ne trouvez pas ?? Bin moi si !  C'est relativement mystérieux... on sait pas de quoi ça parle mais on aimerait bien le découvrir... Ouais, sauf que c'est pas du tout de la Fantasy, non, et on en est même assez loin ! Or je viens de me rendre compte aujourd'hui que mon diagramme n'était pas complet et qu'il va falloir que je le refasse ! Génial !! 

Bref...  tout ça pour dire que je m'interroge sur le titre de mon manuscrit. En fait le titre actuel c'est "l'Armée de la Fin du Monde"... mais en vérité je me demande s'il traduit véritablement l'esprit du manuscrit et si, finalement, ce ne serait pas plutôt un titre de partie (voir de chapitre). L'Armée de la Fin du Monde... ca pose tout de suite le décors... on sait qu'on ne va pas lire des poèmes d'amour au coin d'un feu de cheminée en buvant un bon lait frais... mais en même temps mon manuscrit n'est pas noir, non, ce n'est pas non plus une série de guerres apocalyptiques. Voilà donc pourquoi je m'interroge sur le bien fondé de garder ce titre...

Ensuite je me posais la question suivante... doit-on écrire une histoire en partant de son titre, ou bien trouver un titre lorsque l'histoire est achevée ?... Non en fait je raconte des bétises car je ne me posais pas véritablement la question puisqu'il m'est arrivé de faire autant l'un que l'autre (d'ailleurs c'est un jeu assez amusant de créer une histoire à partir d'un simple titre). Voilà où j'en suis...

Une fois n'est pas coutume, voici le premier paragraphe de mon manuscrit... Kejik tu pourras remarquer que le personnage mentionné n'est pas orphelin ! 

"Dans le village de Maignelay, au cœur de la Vallée de Narachel, vivait Cadirhan. Toujours souriant et de bonne humeur, Cadirhan était un jeune garçon rondouillard, éternellement débraillé et aux cheveux toujours ébouriffés. Ceux qui le connaissaient le désignaient comme quelqu’un de « bien comme il faut », et ils en attribuaient généralement le bénéfice à l’éducation qu’il avait reçu de ses parents (des gens « bien comme il faut » eux aussi, naturellement). Pour preuve, personne n’avait jamais eu à se plaindre de lui et il demeurait apprécié de la plupart des villageois, pour ne pas dire de tous. Cependant Cadirhan n’était pas un jeune garçon comme les autres, non, en vérité ce n’était pas un jeune garçon du tout. Déjà il entrait dans sa vingtième année, l’année de l’entendement comme l’appelaient les gens du pays. Malheureusement l’entendement, chez Cadirhan, n’était certes pas celui qu’on pouvait en attendre de quelqu’un de son âge. « Il est différent, ainsi en ont voulu les Dieux », se contentait de déclarer le prêtre du village pour toute explication. Et différent il l’était assurément. Il montrait en effet, depuis tout petit, quelques prédispositions pour ce qu’on désignait, avec beaucoup de prévenance, de lenteur d’esprit. D’ailleurs ses parents avaient à ce propos, et depuis bien longtemps, perdu tout espoir d’en faire un notable. De méchantes langues auraient même pu le qualifier d’idiot du village tant il demeurait le plus candide de tous les habitants. Mais fort heureusement il n’y avait pas de méchantes langues à Maignelay et le pire qu’on eut finalement entendu dire de lui était qu’il avait la mémoire d’une carotte, encore que ce fut dit avec beaucoup d’affection."
par Eussé publié dans : Manuscrit
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Jeudi 21 juin 2007
Bien... j'ai un peu avancé sur ce petit récit, mais il mérité d'être relu et corrigé !


Le Troll et le Heurchon
 
 
 
D
ans une caverne vivait un Troll. Il s’appelait Herkol. Ce n’était pas un Troll des plus ordinaires car il avait en effet préféré fuir la compagnie de ses congénères, aux pratiques culinaires fort peu ragoûtantes. Il faut dire qu’il ne faisait, en fait, aucun cas des Elfes farcis, des rôtis de Nains et autres fricassés de petits Lutins. En vérité il détestait toute forme de violence, alors de là à manger un Lutin... Non ce qu’il aimait, lui, c’était les confitures. Parfaitement, les confitures ! Sa mère, en désespoir de cause, avait bien un jour essayé de lui préparer un délicieux mijoté d’Hommes aux petits oignons, mais ce fut peine perdue. Herkol ne voulut point en entendre parler et décida même de partir vivre tout seul, loin de tous ces Trolls aux mœurs qu’il jugeait arriérées et inconvenantes. « Arriérées et inconvenantes ! » avait hurlé le chef des Trolls pour le moins offusqué. Et la nouvelle fit rapidement le tour de la communauté, sans toutefois avoir un quelconque effet sur Herkol si ce n’est, peut-être, de le conforter un peu plus dans son idée. 
Aussi Herkol partit-il une nuit, sans aucun regret et sans que personne ne le vit. Plus tard, après bien des jours de marche, il se trouva finalement un agréable petit logis isolé, au pied d’une colline entourée d’une immense et luxuriante forêt. Il s’agissait d’un endroit agréable, un lieu où un Troll pourrait, sans aucun doute, vivre paisiblement et manger tout ce dont il avait envie. Et c’est précisément ce qui arriva.
Les années s’écoulaient et Herkol demeurait le plus heureux des Trolls. Il passait la plupart de ses journées à cueillir des fruits ou à les faire cuir dans sa marmite pour les transformer en confitures. Ha les confitures, si délicieusement appétissantes ! Il avait pris l’habitude d’en remplir des petits pots de terre cuite. C’était là, en vérité, son occupation préférée, de sorte que ses placards et étagères et les moindres recoins de sa demeure en étaient remplis. Et il y en avait pour tous les goûts : framboises, fraises, châtaignes, prunes, et bien d’autres encore.
Son emploi du temps aurait pu rester longtemps inchangé si, par un beau matin de printemps, il n’avait pas rencontré un Heurchon dans la forêt. Le petit animal, couvert de piquants, l’observait depuis un petit monticule de terre. Quand il remarqua sa présence, Herkol s’approcha pour le saluer aimablement. En effet, bien qu’il s’accordait à dire que la vie en ermite présentait des avantages certains, il n’était toutefois pas mécontent de pouvoir rencontrer du monde de temps à autre afin de converser de la pluie et du beau temps. Aussi s’empressa-t-il d’aller saluer le petit animal.
-          Bien le bonjour ! Dit-il sur un ton qui se voulait le plus gracieux possible.
Le Heurchon, cependant, ne l’entendit pas de cette oreille et demeura mi terrifié, mi tétanisé. Force est de reconnaître que les Trolls n’avaient, en général, pas très bonne réputation et ne se gênaient pas pour croquer un ou deux Heurchons en guise de petit déjeuner.
-          Allons, aurais-tu perdu ta langue petit Heurchon ? Plaisanta Herkol.
Le Heurchon pensant, cette fois-ci, sa dernière heure arrivée sentit ses membres défaillir et manqua de tomber de son petit monticule. Le Troll l’attrapa juste à temps et le déposa sur un tapis de feuille. Pour le ranimer, il lui versa alors quelques gouttes d’eau fraîche sur son museau. Retrouvant ses esprits, le Heurchon le regarda étonné.
-          N’allez vous point me manger ? Demanda-t-il stupéfait et apeuré.
-          Te manger ? S’amusa le Troll. Allons donc, je préfère encore manger l’écorce d’un arbre, ça doit être moins indigeste !
Et il rit de sa plaisanterie. Il rit si fort que le sol et les feuilles en tremblèrent. C’était tellement agréable de rire, pensa-t-il. Alors il regretta de ne pas rencontrer plus souvent du monde dans la forêt. Il regretta que les autres aient peur de lui. Il regretta de ne point avoir d’amis. Il y avait si longtemps qu’il était seul. Il observa le Heurchon et soupira. Alors il se saisit de son sac et en sortit une énorme fraise, rouge et appétissante.
-          Tiens, mange donc, dit-il en souriant, cela te fera du bien après toutes ces émotions ! Je me nomme Herkol, je vis non loin d‘ici.
Mais le Heurchon ne bougea pas d’avantage et se contenta d’observer le fruit rouge avec des yeux tout à fait ronds. D’aussi loin qu’il se souvenait il n’avait jamais entendu parler de Trolls mangeant des fraises, aussi redouta-t-il qu’il ne s’agisse là d’une quelconque ruse. Mais de ruse il n’était point question et Herkol demeura cette fois-ci fort dépourvu devant aussi peu de bonne volonté. Il en vint même à se demander si le soleil n’avait pas un peu trop cogné sur la tête de ce Heurchon. Il agita alors la fraise devant le museau de l’animal mais n’eut malheureusement pas plus de réactions.
-          Allons bon ! S’exclama alors le Troll stupéfait et se grattant la tête. N’aimes tu donc point les fraises ou as-tu à nouveau perdu ta langue ? Ne voudrais-tu point seulement me dire comment tu te nommes ? C’est en général ce que font les personnes bien éduquées lorsqu’elles se rencontrent.
Comme si un Troll pouvait être bien éduqué, pensa le Heurchon. Il s’agissait bien là de la plaisanterie la plus saugrenue qu’il n’eut jamais entendue. Il convint alors qu’un Troll faisant des plaisanteries aussi absurdes ne pouvait finalement pas être totalement mauvais, du moins l’espéra-t-il fortement.
-          Shepa ! S’exclama-t-il alors subitement.
-          Pardon ? Dit le Troll surpris et ne s’attendant plus à entendre le Heurchon.
-          Shépa ! Répéta le petit animal.
-          Sacrebleu ! Ne sais tu donc pas comment tu t’appelles ? Demanda le Troll désolé.
-          Mais si je le sais, répondit le Heurchon étonné. Je me nomme Shepa !
-          Ha ! Hum ! Voici donc l’explication ! S’écria Herkol confus. Et bien je suis bien aise de voir que tu as finalement retrouvé ta langue mon petit gars !
Le petit animal le regarda timidement en dodelinant de la tête.
-          Vous admettrez tout de même qu’il est rare de rencontrer un Troll plaisant et bien élevé !
Herkol soupira, l’air attristé.
-          Ha ça, ce n’est malheureusement que trop vrai, répondit-il. Jadis mon père me répétait souvent qu’il n’était point besoin d’être trop intelligent pour être un Troll, et de rajouter qu’un Troll trop réfléchi n’avait jamais fait un bon Troll. Ces quelques bonnes paroles expliquent sans doute pourquoi la plupart des Trolls sont bêtes, quand ils ne sont pas bêtes et méchants à la fois.
-          Mais... ce n’est pourtant point votre cas !
-          J’espère bien ! En vérité j’ai fuis la compagnie des miens car je n’aimais pas du tout leurs habitudes.
-          Grand bien vous en a fait car vous êtes à présent un Troll bien comme il faut !
-          Ce sont là de gentilles paroles, à n’en pas douter. Cependant je dois reconnaître que je me commence à me sentir bien seul à présent.
Et il soupira à nouveau, à demi dépité.
-          Mais je me rends compte que j’ai déjà trop parlé ! S’exclama-t-il. Et si tu me racontais à présent la raison de ta présence en ces bois ?
-          Et bien, hésita Shepa, je me suis pour ainsi dire perdu.
-          Ha oui ? Et d’où viens-tu donc ?
-          Ho ce n’est pas tant d’où je viens que là où je vais qui est important !
-          Ha ? Et où vas-tu donc alors ?
-          Je me rend à la clairière du grand chêne, déclara le Heurchon. Pour cela j’ai voulu couper par la forêt afin de raccourcir mon chemin mais voilà où j’en suis finalement rendu.
-          La clairière du grand chêne, s’exclama Herkol en fronçant les sourcils. Nom d’un petit escargot ! Mais il y a trois jours de marche pour y arriver, et encore en marchant d’un bon pas !
-          Trois jours ! S’écria le Heurchon déconfit. Mais comment vais-je faire ?
-          Ma foie, réfléchit le Troll, il y a la possibilité que je t’accompagne un bon de chemin !
-          Vous dites vrai ? Se réjouit le Heurchon.
-          Bien sur que oui ! Répondit Herkol amusé. Et pour célébrer notre rencontre tu seras mon invité pour la soirée ! Ainsi dès demain, restaurés et reposés, nous partirons en direction de la clairière !
Il va de soit que le petit Heurchon, qui n’en demandait pas tant, fut naturellement enchanté par cette proposition tout à fait aussi inattendue que surprenante. Ainsi passa-t-il le reste de la journée à cueillir des fruits en compagnie de son nouveau compagnon. Ils conversèrent d’abord de choses et d’autres puis profitèrent ensuite des joies d’une ballade gourmande en forêt. Le Troll en profita pour partager ses connaissances des plantes et des racines tandis que le Heurchon l’écoutait attentivement. Mais bien vite l’attention diminua et une bataille de lancés de myrtilles s’improvisa. Shepa s’averra d’ailleurs particulièrement adroit et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire notre Troll passa, sans s’en rendre compte, de gris à violet. Cela ne manqua pas de faire rire l’intéressé qui ne s’était pas autant amusé depuis bien longtemps. En fait il se demanda même s’il s’était un jour autant amusé.
par Eussé publié dans : Manuscrit
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